RETROSPECTIVE 2025

RETROSPECTIVE 2025

La dernière année aura été faite de contrastes violents: les écarts de richesse, l’individu et le collectif, la grande scène et les coulisses. La constante à travers ces contrastes, c’est l’humain.

La série de photos que je propose, présentée dans un ordre chronologique de publication, ne cherche pas à revisiter les grands moments de l’année 2025. Elle s’attarde plutôt à des instants captés en marge, à travers le bruit constant de l’actualité.

L’année a commencé avec la publication d’une série de reportages en Côte d’Ivoire sur les conditions de vie des planteurs de cacao. La photographie de cette fillette face à un mur, le regard attiré par la couleur, résume ce que j’ai ressenti devant les injustices mises au jour dans les textes de cette série.

Une petite Ivoirienne, lors d'un reportage sur les conditions de vie des planteurs de cacao en Côte d'Ivoire.

Ici, les maux sont différents et, souvent, les mots ne suffisent pas. La danse permet cette expression. Cette photo, fragment d’une chorégraphie fluide, fixe pour toujours la fraction de seconde où l’on sent la tension dans l’étreinte sans qu’il soit nécessaire de nommer ou de comprendre ce qui vient et qui va, souvent trop rapidement.

Cai Glover danse avec Véronique Giasson dans une scène du spectacle Minuit quelque part.

Dans ce qui vient et qui va rapidement, il y a le passage de Pablo Rodriguez à la tête du Parti libéral du Québec, qui a depuis démissionné de son poste. Le flou de mouvement dans cette image captée durant la course à la direction du parti laisse place à l’interprétation, comme si son objectif de devenir premier ministre était déjà insaisissable.

Pablo Rodriguez a été élu chef du Parti Libéral du Québec et a démissionné quelques mois plus tard.

L'arbre qui cache la fôret

C’est facile de raconter une histoire à l’aide d’un plan d’ensemble lors d’un festival ou d’une prestation artistique. Cela permet de montrer. Mais pour comprendre, il faut ressentir.

Les quatre images suivantes saisissent la beauté cachée dans les détails. Ce sont des images qui n’existent que si on est attentif à ce qui nous entoure, au-delà de ce qui occupe le centre de l’attention. En contexte, elles permettent de ressentir une ambiance plutôt que de simplement la voir.

La main tatouée de l’artiste à l’œuvre lors d’un événement culturel, le musicien quelques minutes avant de monter sur scène pour accompagner Michel Rivard, autant d’instants intimes, en coulisses, qui échappent aux souvenirs des moments plus spectaculaires.

Des moments éphémères et beaux, il y en a autant qu’il y a d’humains dans une foule. Il faut parfois détourner l’objectif de l’action principale pour capter la singularité des individus qui la composent.

Il n’y a personne d’invisible pour un regard sensible. C’est la même chose sur le terrain de l’ancien aréna Guertin.

Au final, le travail du photographe de presse, ce n’est pas d’expliquer le monde. C’est de raconter, une image à la fois, comment il est habité.


L’année en photos de Simon Séguin-Bertrand
Retour sur 2025 en images