La banalité d'un samedi matin

La banalité d'un samedi matin

« j'étais venu te dire ceci c'est pas grand'chose mais j'l'ai appris
en dessinant les lignes de ton visage j'étais venu te dire ceci pour fabriquer une fleur sauvage ça prend le temps que l'temps nous donne
mais le temps n'attend personne ne soyons pas trop sages fabriquons-nous une fleur sauvage »
Michel Rivard

LA BANALITÉ D'UN SAMEDI MATIN

Je voulais offrir un bouquet de fleurs sauvages. Sans un mot, en photo.

Mais finalement, ce que j'ai à montrer est encore plus beau. Au bout d'une marche d'une heure, j'ai compris ben des affaires.

Que les photographes sont souvent aveugles, entre autres. Ils ont fait fuir les lapins, ils étaient là pour les oiseaux, je présume.

J'ai compris que c'est stressant faire de la photo, surtout d'oiseau, faut penser à tout, au stuff à mouche, au suit de nylon, à l'iso, l'ouverture, la focale, bah. Moi, je pense pu à ça.

Je pensais à rien, j'étais là pour les fleurs.

J'ai réalisé que c'est pas parce que la route est sinueuse que le bonheur est pas sous le prochain pas.

J'ai compris la fragilité de la vie, que l'oisillon a quitté le nid. Ça laisse un vide, dans la coquille.

J'ai vue des oiseaux s'aimer. De la bonne façon j'espère.

J'ai aussi compris que les fleurs sauvages, c'est comme l'amour, c'est jamais pour toujours.

Parce que les fleurs que j'avais spotté, que je voulais vous offrir étaient pu là.

J'ai compris le cycle des saisons, et qu'il y a du beau même dans le béton.

Et des contraste qui appaisent, comme quand les fleurs poussent dans' souffleuse.

Je connais pas les nom d'oiseau,

Il y avait un trou dans les nuages, j'ai pas essayé de passer par.

Là, je me suis dit que c'était le temps de rentrer chez nous après un long détour, parce que je me sens comme une toune de Michel Rivard.